Blog Around Siam

Villes, territoires & paysages culturels

Dusit, le quartier royal « à l'européenne » de Rama V : comment un palais-jardin a déplacé le centre de Bangkok

Entre deux canaux au nord de la vieille ville, Chulalongkorn a fait naître un domaine royal hybride, relié au Grand Palais par une avenue, qui a entraîné la ville vers le nord et dont les usages n'ont cessé de changer, de la monarchie absolue au Parlement puis aux fermetures récentes.

Publié le 16 octobre 2026 13 min de lecture
Grand édifice néo-Renaissance en marbre blanc coiffé d'un dôme central vert, précédé d'une vaste esplanade pavée et d'une grille.

À la fin du XIXe siècle, le roi Chulalongkorn (Rama V) fait acheter des rizières et des vergers au nord de Bangkok, entre deux canaux. En une quinzaine d'années, ce « jardin de Dusit » devient un quartier royal d'un genre nouveau. On y trouve des villas de teck, des salles du trône dessinées par des Italiens, un temple de marbre, une avenue rectiligne et une place ornée d'une statue équestre. Dusit n'est pourtant pas une simple copie de l'Europe. Il déplace le centre du pouvoir, ouvre la ville au-delà de ses murailles et montre un Siam moderne aux puissances coloniales. Retour sur la fabrique de ce territoire, sur ses zones d'ombre et sur ses usages actuels.

Grand bâtiment moderne à terrasses végétalisées surmonté d'une flèche dorée, vu depuis un fleuve, avec quai et arbres au premier plan.

Entre deux canaux, des rizières au nord de la ville

Pour situer Dusit, il faut partir du fleuve. La capitale fondée par la dynastie Chakri s'est d'abord regroupée sur la rive est de la Chao Phraya, autour du Grand Palais. Ce noyau occupe l'« île » de Rattanakosin, que délimitent le fleuve et une ceinture de canaux (khlong). Au nord-est, à environ quatre kilomètres du Grand Palais, s'étendaient encore à la fin du XIXe siècle des rizières et des vergers. C'est là, entre le khlong Phadung Krung Kasem au sud et le khlong Samsen au nord, que Rama V fait acquérir des terres à partir de 1897. Le premier canal marquait alors la limite extérieure de la ville.

Les achats passent par le Trésor privé du roi (Krom Phra Khlang Khang Thi), qui acquiert les parcelles auprès d'habitants du nord de la ville. Les universitaires Bundit Chulasai et Ratchada Chotiphanich le rappellent dans une chronique publiée par le quotidien Matichon. La base de données du Princess Maha Chakri Sirindhorn Anthropology Centre, organisme public rattaché au ministère de la Culture, précise que le roi paie sur sa fortune personnelle et baptise le lieu « Suan Dusit », le jardin de Dusit. Le détail compte : le domaine relève de la cassette royale plutôt que de l'administration, ce qui laisse au souverain une grande liberté d'aménagement.

Pourquoi s'éloigner du Grand Palais ? Le quotidien Thairath avance une raison très concrète. Au fil des règnes, l'enceinte s'était couverte de bâtiments serrés qui bloquaient la circulation de l'air, et elle était devenue étouffante en été. L'encyclopédie Wikipédia ajoute le goût du roi pour les longues promenades et pour la bicyclette, alors à la mode : il aurait fait l'aller-retour à vélo, avec sa suite, entre le Grand Palais et son jardin. Le calendrier fournit un troisième élément. Chulalongkorn rentre en 1897 de son premier voyage en Europe, où il a vu des capitales transformées par les grands travaux, avec leurs parcs et leurs résidences de plaisance. La succession des dates est établie. En revanche, l'idée qu'il aurait voulu reproduire un modèle européen précis relève de l'interprétation.

De Suan Dusit à Wang Dusit : une fondation par étapes

La date de fondation de Dusit varie selon les sources. Ces dates ne se contredisent pas forcément : elles désignent plutôt des étapes successives d'un même projet.

  • 1897 : retour d'Europe et premiers achats de terrains, selon le Sirindhorn Anthropology Centre et la chronique de Matichon.
  • 1898 : début des travaux selon le magazine Silpa-Mag (Silpawattanatham). Thairath place plutôt cette année-là la visite des terrains par le roi, puis l'ordre de les acheter.
  • 1899 : date de fondation retenue par Thairath, qui a célébré en 2019 les « 120 ans » du palais, et par la version thaïe de Wikipédia. Une installation solennelle du roi le 1er mars 1899 est parfois avancée, mais un seul site touristique la mentionne.
  • 1901 : inauguration de Vimanmek, la première résidence permanente. La version anglaise de Wikipédia résume l'ensemble par la formule « 1897–1901 ».

Le nom du lieu a lui aussi évolué. Il s'agit d'abord d'un wang suan, un palais-jardin. Dans la cosmologie bouddhique, Dusit désigne un paradis, le ciel Tusita ; on le rend souvent par « demeure céleste ». Selon la thèse de l'architecte et historien Koompong Noobanjong (2003), reprise par Wikipédia, le domaine devient « Wang Dusit » lorsqu'il apparaît clairement que le roi préfère y résider. Le simple jardin devient alors une véritable résidence royale. Wikipédia en thaï situe ce changement de nom sous Rama VI, qui aurait aussi renommé les portes du palais, d'après Silpa-Mag. Les deux versions ne s'excluent pas : l'usage a pu précéder la consécration officielle.

Un palais-jardin hybride

Des bâtisseurs venus d'Europe

Selon Noobanjong, cité par Wikipédia, l'équipe qui conçoit Dusit est entièrement européenne, à une exception près : le prince Naris (Narisara Nuwattiwong), demi-frère du roi. On y trouve l'Allemand Sandreczki, déjà architecte du palais Boromphiman, et des Italiens appelés à marquer durablement Bangkok. Le plus connu est Mario Tamagno, né à Turin en 1877, arrivé au Siam en 1900 avec un contrat de vingt-cinq ans au service du gouvernement ; on lui doit aussi la gare de Hua Lamphong. Il est accompagné d'Annibale Rigotti et d'Ercole Manfredi. Les guides attribuent souvent au prince Naris la direction générale du chantier. Les sources consultées ne le confirment pas : elles le documentent pour le remontage de Vimanmek et pour le dessin du temple voisin, le Wat Benchamabophit.

Vimanmek, un pavillon venu de la mer

La première résidence de Dusit n'a pas été construite sur place. Elle vient de Ko Si Chang, une île du golfe de Thaïlande, dans la province de Chonburi. Le bâtiment y existait sous le nom de pavillon Munthatu Rattanaroj, au sein du palais Phra Chuthathut. Noobanjong date sa construction de 1892. Entre 1900 et 1901, on le démonte, on le transporte et on le remonte à Dusit. Il prend le nom de Vimanmek et il est inauguré le 27 mars 1901. Ce transfert montre qu'une architecture de bois pouvait voyager : le domaine royal se compose aussi avec des éléments récupérés.

Deux affirmations courantes doivent être prises avec prudence. Selon une tradition reprise par de nombreux guides, l'édifice aurait été assemblé sans clous, mais Wikipédia affirme au contraire que des clous ont été utilisés. Quant au titre de « plus grand bâtiment en teck doré du monde », c'est un slogan touristique que rien ne vient étayer. Noobanjong range Vimanmek parmi les résidences hybrides, siamoises et européennes, qui caractérisent le règne. Le roi y vit environ cinq ans, jusqu'à l'achèvement d'Amphorn Sathan.

Abhisek Dusit et Amphorn Sathan

Construite en 1903 et 1904 d'après des plans de Tamagno, la salle du trône Abhisek Dusit sert aux banquets et aux réceptions d'État. Elle est en bois et porte une nette influence mauresque, signe que l'« Europe » de Dusit est elle-même composite. Le bâtiment a ensuite accueilli un musée consacré à l'artisanat thaï. La résidence Amphorn Sathan est achevée en 1906. Rama V y meurt le 23 octobre 1910. C'est aujourd'hui la résidence du roi Vajiralongkorn (Rama X) : Dusit n'est pas seulement un ensemble de musées, c'est encore un lieu de vie de la monarchie.

La Ruean Ton, un contrepoint siamois

Au milieu de ces édifices, le roi s'était aussi fait bâtir une modeste maison siamoise traditionnelle, la Ruean Ton, que signale Noobanjong dans un article de 2023. Ce détail empêche de réduire Dusit à une occidentalisation pure et simple. Le roi ne renonce pas aux formes siamoises : il les fait cohabiter avec d'autres. Noobanjong y voit une hybridité stylistique délibérée et la lit dans une perspective postcoloniale. L'architecture deviendrait un moyen de négocier une identité moderne sans se soumettre à un modèle imposé. C'est une interprétation, mais elle a l'avantage de tenir compte de l'ensemble des bâtiments.

Ratchadamnoen : l'avenue qui tire la ville vers le nord

Un palais excentré n'a de sens que s'il est relié au centre. Entre 1899 et 1903 est percée l'avenue Ratchadamnoen, la « voie royale », qui joint le Grand Palais à Dusit et s'achève sur la place Royale. Elle se divise en trois tronçons : Ratchadamnoen Nai (« intérieure »), Klang (« centrale ») et Nok (« extérieure »). Elle franchit les canaux sur les ponts Phan Phiphop Lila et Phan Fa Lilat. Dans une ville longtemps organisée autour de l'eau, où l'on circulait surtout en bateau, ce grand axe rectiligne bouleverse l'organisation de l'espace.

Ses effets ont été considérables. Pour Noobanjong, le palais et l'avenue ont permis à Bangkok de s'étendre au-delà de ses murailles : le palais a attiré la ville vers le nord, et l'avenue a accueilli cette croissance. Un article universitaire consulté sous forme d'extrait, dont l'auteur n'a pu être identifié, parle d'un basculement de la carte politique. Le pouvoir, jusque-là concentré autour du Grand Palais, s'étire désormais vers Dusit. L'élite suit le roi. Des palais, des quartiers généraux militaires, puis des ministères s'installent le long de Ratchadamnoen Nok. Sous Rama VI, le palais Chitralada, construit à l'est de Dusit, prolonge ce mouvement.

D'autres lectures sont plus politiques. Le média indépendant Prachatai voit dans l'avenue le trait d'union entre un « vieux Siam », celui du Grand Palais, et un « nouveau Siam », celui de Dusit. Ce serait une « vitrine de civilisation » destinée aux puissances occidentales, à une époque où la Grande-Bretagne et la France se partagent l'Asie du Sud-Est continentale. Le Siam montrerait ainsi qu'il est un État moderne et non un territoire à coloniser. Cette lecture s'appuie sur la chronologie et sur le choix des formes. Elle reste néanmoins une interprétation, que les intentions écrites du roi, non consultées pour cet article, permettraient de vérifier.

La place Royale et Ananta Samakhom : mettre en scène la monarchie

Une statue équestre pour un jubilé

Le 11 novembre 1908, pour les quarante ans de règne de Chulalongkorn, une statue équestre en bronze d'environ cinq mètres est inaugurée sur la place Royale. Elle a été réalisée à Paris par Georges Saulo et financée par une souscription publique. Selon Wikipédia, le reliquat de la collecte a servi à Rama VI pour fonder l'université Chulalongkorn. Une série de timbres émise le même jour monte jusqu'à une valeur de 40 ticals, en écho aux quarante années de règne.

L'origine du projet est discutée. D'après Wikipédia, c'est le prince héritier Vajiravudh, alors régent, qui l'aurait proposé avec ses ministres, après une remarque du roi. Un site spécialisé dans la statuaire équestre affirme au contraire que le roi lui-même, impressionné par la statue de Louis XIV vue à Versailles en 1907, aurait posé à Paris. Une source primaire permettrait de trancher : le récit de la construction rédigé par le prince Damrong, disponible en thaï. Le monument ne s'est d'ailleurs pas figé : chaque 23 octobre, anniversaire de la mort du roi, il reçoit hommages et offrandes, un usage qui associe Dusit à la mémoire populaire du règne.

Une salle du trône de marbre

Au fond de la place s'élève la salle du trône Ananta Samakhom, dont le nom signifie à peu près « lieu de l'immense assemblée ». Rama V reprend le nom d'une salle bâtie par son père, le roi Mongkut, et inscrit ainsi la nouveauté dans une continuité dynastique. Le bâtiment, de style néo-Renaissance et néoclassique, est dessiné par Tamagno et Rigotti, avec la collaboration de Manfredi. Son dôme central atteint 49,5 mètres et il est entouré de six dômes plus petits. On le dit couramment revêtu de marbre de Carrare, mais seules des sources peu fiables le précisent.

La chronologie reste incertaine. La commande est datée de 1907 ou de 1908 selon les sources, et l'achèvement de 1915 ou de 1916. Silpa-Mag publie une photographie des Archives nationales montrant la cérémonie d'inauguration en 2459 de l'ère bouddhique, soit 1916. Une certitude demeure : Rama V, mort en 1910, n'a jamais vu son grand projet terminé.

Les fresques de Galileo Chini

Les peintures intérieures retracent l'histoire de la dynastie Chakri, du premier au sixième règne. Elles sont l'œuvre du peintre italien Galileo Chini, qui séjourne à Bangkok de 1911 à 1913. Selon le projet Arc of Memory de la faculté des Arts de l'université Chulalongkorn, il y travaille deux ans avec ses assistants Carlo Rigoli et Giovanni Sguanci et une équipe de décorateurs italiens, après avoir étudié l'ornementation siamoise classique. Les dates de son engagement varient. Le musée des Offices, à Florence, parle d'une commande de Rama V en 1910, et la fondation Chini d'une arrivée à la fin du printemps 1911. Thai PBS World évoque un contrat du 17 octobre 1911 signé « quelques jours avant la mort de Rama V », ce qui est impossible et relève sans doute d'une confusion d'année.

Ce chantier a aussi nourri la peinture européenne. Rentré en Italie, Chini expose à la Biennale de Venise de 1914 un Nouvel An chinois à Bangkok, aujourd'hui conservé au palais Pitti. Le roi l'aurait d'ailleurs remarqué à une précédente Biennale, selon le musée des Offices. Une esquisse préparatoire du plafond, longtemps perdue, a récemment été restaurée en Thaïlande au terme de trois années de travail.

De la monarchie absolue au Parlement

Le destin d'Ananta Samakhom illustre les transformations du lieu. Lors de la révolution de 1932, la salle sert de quartier général au Parti du peuple (Khana Ratsadon). La première Assemblée s'y serait réunie le 28 juin 1932, une date qui reste à confirmer auprès d'une source parlementaire. Le bâtiment conçu pour célébrer une monarchie absolue devient ainsi le siège du Parlement d'une monarchie constitutionnelle, rôle qu'il conserve jusqu'en 1974. La cérémonie d'ouverture solennelle des sessions parlementaires par le roi s'y est tenue encore récemment.

Wat Benchamabophit, le temple du palais

Un palais royal siamois ne va pas sans son temple. En 1899, Rama V ordonne la construction du Wat Benchamabophit, dont le nom signifie « temple du cinquième roi, près du palais de Dusit ». Le prince Naris en dessine les plans. Les travaux s'achèvent en 1911 selon Wikipédia, qui le présente comme le premier temple du pays à employer le marbre, d'où son surnom de « temple de marbre ». Le contraste avec les salles du trône voisines est frappant. Le même matériau, symbole de prestige importé, sert ici une architecture religieuse de formes siamoises. Le temple ancre ainsi le nouveau quartier dans la royauté bouddhique.

Plusieurs récits sur l'histoire du site circulent, rapportés par des guides de voyage. Ils ne sont pas vérifiés et relèvent de la tradition. Un monastère aurait existé ici dès l'époque d'Ayutthaya. Dans les années 1820, cinq princes du règne de Rama III y auraient établi une position militaire, d'où l'ancien nom de « monastère des cinq princes ». Les cendres de Rama V reposeraient sous la réplique du Bouddha Phra Phuttha Chinnarat qui trône dans le temple. Ces traditions disent l'attachement du lieu à la mémoire du roi, mais elles ne sont pas des faits établis.

Un patrimoine en mouvement

Dusit n'a jamais été un ensemble figé. Dès le règne de Rama VI, les fonctions se déplacent. Vimanmek loge la reine Indrasakdi Sachi, puis ne sert plus, à partir de 1932, que de dépôt au Bureau de la Maison royale. En 1982, pour le bicentenaire de Bangkok, la reine Sirikit le fait restaurer et le transforme en musée. Pendant plus de trente ans, il est l'un des lieux les plus visités du quartier.

La période récente est marquée par des fermetures. En juillet 2016, le Bureau de la Maison royale ferme Vimanmek au public. Ananta Samakhom ferme à son tour en octobre 2017, pour une durée indéterminée. En 2019, Vimanmek est entièrement démonté. D'après des documents de la mairie de Bangkok consultés par Khaosod English, l'opération vise à réparer les fondations, et des responsables du palais annoncent une reconstruction à l'identique, sans calendrier. Les chiffres qui circulent en ligne sur le coût du chantier ou sur une fermeture définitive ne sont pas confirmés. Le statut de protection patrimoniale de l'ensemble n'est pas non plus précisé par les sources réunies ici.

Ce que Dusit donne à voir, finalement, c'est moins un « quartier à l'européenne » qu'un territoire façonné par un choix politique. Des rizières entre deux canaux sont devenues, en une quinzaine d'années, un nouveau centre de pouvoir. Une avenue a déplacé la ville vers le nord et des ministères ont suivi le souverain. Des formes venues d'Italie, d'Allemagne ou du monde mauresque y côtoient une maison siamoise et un temple de marbre. La salle construite pour la monarchie absolue a abrité le premier Parlement, et le pavillon venu de Ko Si Chang attend aujourd'hui d'être remonté une seconde fois. Lire Dusit, c'est observer comment le Siam de Chulalongkorn a utilisé l'espace urbain pour se présenter au monde, et comment les époques suivantes en ont redéfini les usages.

Sources et bibliographie

  1. Contributeurs Wikipédia (s'appuie sur Noobanjong 2003), Dusit Palace, Wikipedia, n.d..
  2. Contributeurs Wikipédia, List of Thai royal residences, Wikipedia, n.d..
  3. Contributeurs Wikipédia, Vimanmek Mansion, Wikipedia, n.d..
  4. Contributeurs Wikipédia, Ananta Samakhom Throne Hall, Wikipedia, n.d..
  5. Contributeurs Wikipédia, Abhisek Dusit Throne Hall, Wikipedia, n.d..
  6. Contributeurs Wikipédia, Wat Benchamabophit, Wikipedia, n.d..
  7. Contributeurs Wikipédia, Ratchadamnoen Avenue, Wikipedia, n.d..
  8. Contributeurs Wikipédia, Equestrian statue of King Chulalongkorn, Wikipedia, n.d..
  9. Contributeurs Wikipédia, Royal Plaza (Bangkok), Wikipedia, n.d..
  10. Encyclopedia of World Biography, Chulalongkorn, Encyclopedia.com, n.d..
  11. Contributeurs Wikipédia, Mario Tamagno, Wikipedia, n.d..
  12. Contributeurs Wikipédia, Ercole Manfredi, Wikipedia, n.d..
  13. Koompong Noobanjong, Stylistic hybridity in palatial architecture during the reign of King Rama V: a postcolonial reinterpretation on modern Siam, Journal of Asian Architecture and Building Engineering (Taylor & Francis), 2023.
  14. Koompong Noobanjong, Power, Identity, and the Rise of Modern Architecture: from Siam to Thailand (thèse de doctorat, repérée, non consultée), University of Colorado, 2003.
  15. Contributeurs Wikipédia, Narisara Nuwattiwong, Wikipedia, n.d..
  16. n.c., Memory and Power on Ratchadamnoen Avenue, Prachatai English, n.d..
  17. non identifié, Ratchadamnoen Avenue, Bangkok (figure et extrait d'un article universitaire), ResearchGate, n.d..
  18. Teeranai Charuvastra, Khaosod English Visits 'Demolished' Vimanmek Palace, Khaosod English, 2019.
  19. Gallerie degli Uffizi, Chinese New Year in Bangkok (Galileo Chini), Gallerie degli Uffizi, n.d..
  20. Arc of Memory, Faculty of Arts, The Frescos at Ananta Samakhom Throne Hall, Chulalongkorn University, n.d..
  21. n.c., Every picture tells a story, Thai PBS World, n.d..
  22. n.c., The Siamese Period, galileochini.it, n.d..
  23. Repertorio delle opere di Galileo Chini, Palazzo del Trono Ananta Samakhom a Bangkok, repertoriogalileochini.it, n.d..
  24. n.c., ประตูพระราชวังดุสิต รัชกาลที่ 6 ทรงตั้งชื่อว่าอะไรบ้าง?, Silpa-Mag (Silpawattanatham), n.d..
  25. Princess Maha Chakri Sirindhorn Anthropology Centre, พิพิธภัณฑ์พระที่นั่งวิมานเมฆและพิพิธภัณฑ์ในพระราชวังสวนดุสิต, SAC (organisme public, ministère de la Culture), n.d..
  26. Bundit Chulasai, Ratchada Chotiphanich, เขต พระราชวัง ดุสิต, Matichon, n.d..
  27. n.c., 120 ปี พระราชวังดุสิต งดงามล้ำค่า จาก รัชกาลที่ 5 สู่รัชกาลที่10, Thairath, 2019.
  28. Contributeurs Wikipédia, พระราชวังดุสิต, Wikipedia (thaï), n.d..
  29. n.c., Ananta Samakhom Throne Hall (1915), insideinside.org, n.d..
  30. n.c., Equestrian Statue of King Chulalongkorn or Jubilee High Values Commemorative Stamps (1908), Thailex, n.d..
  31. n.c., Vimanmek Palace, Siam Bangkok Map, n.d..
  32. Contributeurs Wikipédia, Dusit district, Wikipedia, n.d..
  33. n.c., Chulalongkorn, King Rama V, equestrianstatue.org, n.d..