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Les mangroves de Thaïlande : une forêt entre terre et mer, de l'effondrement à la reconquête

Divisée presque par deux entre 1961 et 1996 puis en partie reconstituée, la mangrove thaïlandaise est devenue un enjeu de conservation, de politique carbone et de protection côtière, mais les chiffres qui mesurent sa reconquête restent discutés.

Publié le 12 octobre 2026 15 min de lecture
Vue aérienne d'une rivière sinueuse traversant une mangrove dense, avec des pitons calcaires à l'horizon et deux petits bateaux.

Ni tout à fait terrestre ni tout à fait marine, la mangrove borde les estuaires et les rivages vaseux de la Thaïlande, du fond du golfe aux côtes de Ranong. Elle a perdu plus de la moitié de sa surface entre 1961 et le milieu des années 1990, sous l'effet de l'élevage de crevettes, de l'agriculture, des mines et du charbon de bois. Elle regagne aujourd'hui du terrain, portée par la replantation, les politiques publiques et désormais le marché du carbone. Comprendre cette forêt, c'est lire ensemble son écologie, l'histoire de son recul, les débats sur ses causes et les incertitudes qui entourent sa reconquête.

Touffes de palmiers nipa aux frondes vertes et sèches, avec des infrutescences brunes, au-dessus d'une eau peu profonde et vaseuse.

Une forêt amphibie, réglée par les marées

À marée haute, l'eau salée remonte entre les troncs et ne laisse émerger que le feuillage. Quelques heures plus tard, elle se retire et découvre une vase sombre, hérissée de racines. La mangrove, pa chai len (ป่าชายเลน) en thaï, où pa désigne la forêt, fait partie des rares forêts qui vivent ainsi les pieds dans la mer. En Thaïlande, les palétuviers s'installent sur les rivages vaseux et abrités, ainsi que dans les parties basses des estuaires, dans la bande comprise entre le niveau des basses mers et celui des hautes mers.

Le pays offre à ce milieu un littoral considérable. Selon la base de données des aires marines protégées du Department of Marine and Coastal Resources (DMCR), le département des ressources marines et côtières, la côte thaïlandaise mesure 3 148 km. Elle se répartit ainsi : 2 055 km sur le golfe de Thaïlande, partagés entre 17 provinces, et 1 093 km sur la mer d'Andaman, partagés entre 6 provinces. D'autres travaux scientifiques retiennent 2 614 km. La longueur d'un littoral dépend en effet de la méthode de mesure, et chaque chiffre doit être rattaché à sa source. Le ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement évoque pour sa part 24 provinces côtières suivies par satellite. Les sources consultées n'expliquent pas l'écart avec le décompte du DMCR.

Les deux façades n'ont pas connu la même histoire. Le golfe, en particulier sa partie centrale proche de Bangkok, a été profondément transformé. Les dernières forêts naturelles matures du pays se trouvent sur la côte d'Andaman, dans les provinces de Ranong, Phang Nga et Trang.

Une architecture en strates et en bandes

Une mangrove mature s'organise en deux strates. La strate supérieure peut atteindre 20 m. Elle est dominée par les deux palétuviers du genre Rhizophora présents dans le pays, R. apiculata et R. mucronata, que le thaï réunit sous le nom de kongkang. S'y ajoutent Heritiera littoralis (ngon kai) et des Xylocarpus. Une révision taxonomique publiée en 2024 a confirmé que la Thaïlande ne compte que ces deux espèces de Rhizophora.

Sur les vasières nouvellement formées, les Avicennia (A. alba, A. officinalis) s'installent les premiers. Viennent ensuite les Rhizophoracées et Sonneratia caseolaris. Les présentations de vulgarisation traduisent cette succession dans l'espace par une zonation, c'est-à-dire une répartition en bandes parallèles au rivage :

  • côté mer, une frange d'Avicennia, haute de 10 m au plus ;
  • puis une ceinture de Rhizophora, d'environ 8 m en moyenne ;
  • enfin, vers l'intérieur, une zone mixte.

Ce schéma aide à lire le paysage. C'est toutefois un modèle général, que chaque site nuance, et la source qui le décrit est de portée secondaire.

Un milieu vivant, mobile et productif

Combien d'espèces ?

La question paraît simple, mais les réponses varient selon ce que l'on compte : les seuls palétuviers « vrais » ou l'ensemble des plantes qui leur sont associées. L'UNESCO recense plus de 50 espèces de mangrove dans la seule réserve de biosphère de Ranong. Un inventaire réalisé dans un parc national de Phang Nga (Giesen et al., 2006) en dénombre au moins 28. Une source secondaire avance 87 espèces de palétuviers et de plantes associées, réparties en 41 familles, à l'échelle du pays. Il faut retenir de ces chiffres un ordre de grandeur, plutôt qu'un total définitif.

La faune est tout aussi riche. La réserve de Ranong abrite plus de 300 espèces animales, parmi lesquelles le dugong (Dugong dugon), mammifère marin qui se nourrit d'herbiers. Ces herbiers prolongent la mangrove sous la mer jusqu'à une dizaine de mètres de profondeur. Forêt, herbier et eaux côtières forment ainsi un continuum écologique : protéger l'un sans les autres n'a guère de sens.

Une forêt qui se déplace

La mangrove n'est pas un décor figé. Dans la baie de Pak Phanang, sur la côte du golfe, elle a progressé vers la mer de 53 m par an en moyenne pendant trente ans, selon une étude de Panapitukkul et ses collègues publiée en 1998. Cette avancée suit l'accumulation des sédiments.

À l'inverse, la montée du niveau marin la pousse en principe à migrer vers l'intérieur des terres. Dans la province de Surat Thani, la mer s'est élevée de 5,28 mm par an entre 2008 et 2021. Or les chercheurs observent que la mangrove y recule peu vers l'intérieur, car l'urbanisation lui barre la route. Prise entre l'eau qui monte et les terres occupées, la forêt risque de voir son espace se réduire.

Une diversité génétique à préserver

Une étude publiée en 2023 a mis en évidence, chez plusieurs espèces, une nette différenciation génétique entre les populations de la côte orientale de la péninsule (golfe) et celles de la côte occidentale (Andaman). Les mêmes auteurs rappellent que les reboisements ont surtout porté sur les deux Rhizophora. L'enjeu est donc double : il ne suffit pas de replanter des surfaces, encore faut-il que les forêts reconstituées restent diverses et adaptées à leur côte d'origine.

Ces connaissances doivent beaucoup au Phuket Marine Biological Center (PMBC), fondé en 1968. Ses recherches sur la mangrove de Bangrong, à Phuket, ont bénéficié d'une longue coopération avec le Danemark, poursuivie jusqu'en 2000.

1961-1996 : le grand recul

Le premier inventaire national, réalisé en 1961, estimait la mangrove thaïlandaise à environ 368 000 ha. La série du Royal Forest Department (département royal des forêts), citée par Huitric, Folke et Kautsky (2002), donne pour sa part 364 000 ha. Les chiffres disponibles pour la suite sont les suivants :

  • 312 700 ha en 1975 ;
  • 168 683 ha en 1993 ;
  • autour de 167 500 à 168 500 ha en 1996, point bas de la courbe. Une revue scientifique de 2024 retient même 160 000 ha.

L'ouvrage dirigé par Edward Barbier et Suthawan Sathirathai (2004) évalue la perte à environ 56,5 % de la surface initiale. D'autres travaux parlent de 50 à 60 %. En trente-cinq ans, le pays a donc perdu plus de la moitié de ses mangroves.

Ce recul n'a pas frappé partout avec la même force. Selon une série du DMCR, la région centrale est passée d'environ 66 900 ha à moins de 11 000 ha entre le premier et le dernier relevé, qui datent vraisemblablement de 1961 et de 2014. Sur la même période, la côte d'Andaman n'est passée que de 194 000 à 176 000 ha environ. Le fond du golfe, aux portes de Bangkok, a perdu 85 % de ses mangroves entre 1975 et 1993. À l'échelle provinciale, Nakhon Si Thammarat aurait perdu près de 88 % des siennes entre 1961 et 1996 (Charuppat et Charuppat, 1997).

Les causes du recul

La littérature désigne l'élevage de crevettes comme la cause principale du déclin. Le fond du golfe, proche des marchés et des infrastructures, a été mis en valeur le premier. Les défrichements ont aussi servi l'agriculture et l'exploitation des mines d'étain. S'y ajoute le charbon de bois, produit dans le cadre de concessions forestières auxquelles l'État a mis fin en 1998, la dernière concession de Ranong s'achevant en 2000. Les sources consultées ne permettent pas de mesurer l'ampleur de cette exploitation ni d'en dater les débuts.

Les effets de la crevetticulture dépassent le simple défrichement. Les études recensent la salinisation des sols, l'eutrophisation des eaux (un excès de nutriments qui les asphyxie), des résidus d'antibiotiques, et des bassins abandonnés où la végétation ne repousse plus. À Pak Phanang, les sédiments rejetés par les bassins freinent la croissance des palétuviers voisins et augmentent leur mortalité.

Les crevettes, seules responsables ?

Ce récit dominant est toutefois discuté. Selon Giri et ses collègues (2008), dans la zone qu'ils ont étudiée, 50 % des mangroves converties l'ont été au profit de l'agriculture, 41 % de l'aquaculture et 2 % de l'urbanisation. À Krabi, une étude par télédétection couvrant les années 1989 à 2007 n'observe qu'une exploitation modérée, sans le cycle d'expansion puis d'effondrement de l'élevage souvent décrit ailleurs. Une analyse économétrique va plus loin : elle conclut que l'élevage intensif, développé dans les années 1990, a réduit les pertes par rapport aux formes extensives et semi-intensives, plus gourmandes en espace.

Ces travaux ne disculpent pas la crevetticulture. Ils rappellent cependant que son poids varie selon les régions, les périodes et les modes d'élevage, et que l'agriculture a souvent joué un rôle sous-estimé.

La reconquête : des progrès réels, des chiffres discutés

À partir de la fin des années 1990, la tendance s'inverse. La fin des concessions de charbon de bois en 1998 marque un tournant. À Ranong, des essais de replantation commencent dès 1994 sur une ancienne concession. Ils s'appuient sur le centre de recherche sur les mangroves créé en 1982 par le Royal Forest Department à Ngao. En 2002, ce centre et la réserve de Ranong passent sous la tutelle du DMCR. Rattaché au ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement, ce département gère, réhabilite et protège les mangroves en vertu de la loi sur la gestion des ressources marines et côtières. Les forêts du pays relèvent en fait de trois administrations : le Royal Forest Department, le département des parcs nationaux (DNP) et le DMCR.

Les chiffres de la reprise montrent une hausse, mais ils ne forment pas une série homogène :

  • environ 1,5 million de rai (240 000 ha) en 2004 selon une source, 265 800 ha selon une autre. Le rai est l'unité de surface agraire thaïe, qui vaut 0,16 ha ;
  • environ 245 300 ha en 2014 ;
  • 1,737 million de rai, soit environ 277 900 ha, en 2020, selon l'inventaire par satellite du DMCR et de la GISTDA, l'agence spatiale thaïlandaise.

Ce dernier chiffre représente une hausse d'environ 200 000 rai par rapport à 2014. Le ministre Varawut Silpa-archa l'attribuait à la sensibilisation du public et des entreprises. Le directeur général du DMCR y ajoutait l'effet des alignements de pieux de bambou plantés depuis 2007 dans 13 provinces côtières pour freiner l'érosion et piéger les sédiments.

Une étude publiée en 2024, fondée sur des images Landsat traitées avec Google Earth Engine, aboutit pourtant à un résultat très différent : 601 642 ha de mangrove en 2020, contre 339 613 ha en 1989. C'est plus du double du chiffre officiel. Les sources consultées n'expliquent pas cet écart, qui tient vraisemblablement aux méthodes de classification des images. Le chiffre de référence reste celui du DMCR, mais cette divergence invite à la prudence. Le DMCR indique par ailleurs avoir 1,1 million de rai de mangrove sous sa responsabilité, dont une grande partie a été transformée en bassins d'aquaculture : la surface administrée ne correspond pas à la surface boisée.

2004 : la mangrove a-t-elle protégé les côtes du tsunami ?

Le tsunami du 26 décembre 2004 a frappé la côte d'Andaman et relancé l'intérêt pour la mangrove comme protection naturelle. Plusieurs études appuient cette idée.

  • Dans la province de Phang Nga, des analyses par télédétection mesurent environ 27 % de changement d'occupation des sols dans les zones peu boisées, contre moins de 3 % dans les zones à forte couverture de mangrove. Leurs auteurs recommandent une bande forestière tampon de 1 000 à 1 500 m.
  • Une enquête menée dans vingt villages de la côte d'Andaman conclut que des mangroves en bonne santé ont offert « une protection substantielle ». Elle souligne aussi que leur état dépendait du tissu social local et de la manière dont l'aide extérieure avait été distribuée.

D'autres travaux nuancent fortement ce constat. Au cap Pakarang, à Phang Nga, une étude associant relevés de terrain et modélisation constate qu'environ 70 % de la mangrove a été détruite. La survie des Rhizophora dépendait de leur diamètre : 72 % des troncs de 25 à 30 cm ont résisté, contre 19 % de ceux de 15 à 20 cm. La revue de Cochard et ses collègues (2008), consacrée à Aceh et au sud de la Thaïlande, juge le rôle tampon de la végétation côtière « probablement assez mineur ». Elle relève même des cas où la végétation a pu aggraver le danger, en fournissant des débris ou en canalisant les flots. Elle s'inquiète enfin que les financements de replantation se fassent au détriment de la préparation aux tsunamis.

L'état des connaissances invite donc à parler d'une protection partielle. Celle-ci dépend de la largeur, de la densité et de la maturité de la forêt. La mangrove n'est pas une barrière, et elle ne remplace ni l'alerte ni l'évacuation.

Des territoires de mangrove

Ranong, le grand massif d'Andaman

Située à environ 650 km au sud de Bangkok, la réserve de biosphère de Ranong a été reconnue par le programme Man and Biosphere (MAB) de l'UNESCO en 1997. Elle est décrite comme le plus grand massif continu de mangrove du pays. Sa superficie varie selon les sources : 31 007 ha, dont environ 40 % marins, pour l'UNESCO ; 30 309 ha, dont 10 148 ha de forêt de mangrove, selon une étude scientifique. Elle compte un peu plus de 18 000 habitants.

Le principe d'une réserve de biosphère est d'associer conservation et activités humaines. Dans les zones centrales, seule la pêche artisanale est pratiquée. Dans la zone de transition se côtoient bassins à crevettes, plantations d'hévéas et palmiers à huile. En 2024, une mission éducative de l'UNESCO a inclus une visite à une communauté de Moken, nomades de la mer, sur l'île de Koh Lao.

Le site Ramsar de Ranong, désigné en 2002 au titre de la convention internationale sur les zones humides, couvre 1 084 km². L'UICN le présente comme le seul endroit de la région où subsiste une mangrove primaire intacte. La presse mentionne aussi un kongkang bai lek de 200 ans et un taboon dam de 300 ans. Ces âges ne s'appuient sur aucune méthode de datation connue et doivent être lus comme des estimations. Depuis décembre 2021, les mangroves de Ranong font partie des « Andaman Sea Nature Reserves », inscrites sur la liste indicative du patrimoine mondial.

Krabi et la baie de Phang Nga

L'estuaire de la rivière Krabi est inscrit sur la liste Ramsar depuis 2001 (213 km²), la baie de Phang Nga depuis 2002. La mangrove de Khao Thong, à Krabi, couvre environ 3 700 rai et sert de terrain à des expériences d'écotourisme encadré. Les pressions y restent visibles : en 2014, des palmiers à huile et des bassins à crevettes avançaient vers l'estuaire, au sud de la ville.

Pak Phanang et le golfe

Sur la côte du golfe, la baie de Pak Phanang, dans la province de Nakhon Si Thammarat, abritait environ 35 000 ha de mangrove en 2016, une surface presque inchangée en 2021 selon une étude récente. Son statut Ramsar reste incertain : une étude le dit annoncé en 2000, d'autres sources ne mentionnent qu'une proposition d'inscription.

Plus au nord, à Bang Pu, dans la province de Samut Prakan, subsiste l'un des derniers fragments de mangrove du fond du golfe. Un accord conclu en décembre 2002 entre l'armée royale thaïe et le WWF en a fait le premier centre urbain d'éducation à la nature du pays. C'est un lieu-témoin de ce que fut la mangrove aux portes de la capitale.

Carbone, fiscalité, symboles : la mangrove au cœur des politiques publiques

La mangrove est aussi devenue un symbole national. En 2020, la Thaïlande a célébré sa première Journée nationale de la forêt de mangrove, fixée au 10 mai. Le communiqué gouvernemental la présente comme un hommage à l'attention royale portée à la conservation des mangroves, sans que l'extrait consulté précise le souverain concerné.

La forêt du carbone bleu

Le climat a donné un nouveau poids à la mangrove. Le gouvernement s'est fixé pour objectif d'ajouter 300 000 rai (48 000 ha) de mangrove entre 2022 et 2031. En 2022, le DMCR a publié un guide pour intégrer les plantations au T-VER, le programme thaïlandais volontaire de réduction des émissions qui délivre des crédits carbone. Pour 2023, l'objectif était de 2 382 ha de nouvelles plantations dans 16 provinces. L'ancien directeur général du DMCR, Sopon Thongdee, affirme que la mangrove stocke « cinq fois plus » de CO₂ par unité de surface que les forêts terrestres. C'est une déclaration institutionnelle, et non une donnée établie dans les sources consultées.

Des entreprises se sont engagées dans ces programmes. Dow, avec l'UICN, annonce un projet sur 5 000 rai répartis dans cinq provinces, pour un budget d'au moins 30 millions de bahts. PTT Global Chemical mène un programme à Klaeng, dans la province de Rayong. Ces informations proviennent des communiqués des entreprises elles-mêmes. Mongabay rapportait en 2024 que ces plans suscitent à la fois de l'espoir et de l'inquiétude dans les communautés côtières. Celles-ci veulent savoir qui contrôlera les terres replantées et qui profitera des revenus du carbone.

Des pressions toujours présentes

Les menaces n'ont pas disparu. Selon le DMCR, certaines portions du golfe perdent jusqu'à 5 m de terre par an sous l'effet de l'érosion. Une loi foncière de 2019 a eu un effet inattendu : pour échapper à la taxe sur les terrains jugés « vacants », des propriétaires ont converti leurs mangroves en terres agricoles. Le gouvernement a approuvé le principe d'une exemption de taxe pour les mangroves.

L'histoire de la mangrove thaïlandaise n'est donc ni celle d'une perte irrémédiable ni celle d'une restauration achevée. Le recul de 1961 à 1996 est bien documenté, même si le rôle exact des crevettes reste discuté. La reprise est réelle, mais son ampleur dépend des méthodes de mesure. Son avenir se joue désormais sur plusieurs plans à la fois : la diversité des plantations, la place laissée à la forêt face à la mer qui monte et à la ville qui s'étend, et le partage des bénéfices avec ceux qui vivent de ces rivages.

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