Peuples, communautés & diversité culturelle
La « thainess » : histoire d'une identité nationale construite, imposée et débattue
De la cartographie du XIXᵉ siècle aux « douze valeurs » de 2014, la *khwam pen thai* apparaît moins comme une essence immémoriale que comme un discours façonné par l'État, sans cesse réécrit et aujourd'hui contesté au nom de la diversité du pays.

Dans les discours officiels, à l'école ou dans les débats publics, la *khwam pen thai*, la « thainess », littéralement « le fait d'être thaï », s'impose comme une évidence. Sa définition reste pourtant fuyante. Les historiens qui l'ont étudiée y voient moins une essence venue du fond des âges qu'une construction politique. Elle s'est élaborée à partir de la fin du XIXᵉ siècle, sous la pression des empires coloniaux, puis chaque régime l'a remodelée. De la carte au drapeau, des décrets de Phibun aux « douze valeurs » de 2014, voici les principales pistes pour comprendre cette notion, ses usages et les débats qu'elle soulève sur la place de la diversité.

Une évidence que personne ne parvient à définir
Dans la Thaïlande contemporaine, l'expression khwam pen thai (ความเป็นไทย, « le fait d'être thaï », rendue en anglais par thainess) appartient au vocabulaire courant. On la rencontre dans les programmes scolaires, les campagnes officielles et les discussions sur la langue, la tenue ou les bonnes manières. Elle désigne un ensemble supposé de traits propres aux Thaïs, à leur culture et à leur pays. Les synthèses disponibles s'accordent sur un point : la notion est au cœur des discours nationalistes, mais ses contours restent flous. Ce qui la rend concrète, le plus souvent, c'est la fidélité proclamée à trois piliers : la nation, la religion et le roi.
L'analyse de référence est celle de l'historien Thongchai Winichakul, dans Siam Mapped (1994). Il part d'un constat. Il existe en Thaïlande une croyance largement partagée en une « nature » thaïe commune, et elle se retrouve jusque chez les universitaires. Sa thèse est que le contenu de cette identité n'a jamais été fixé. Il a été défini « discursivement », c'est-à-dire par une succession de discours émanant d'autorités aux orientations idéologiques diverses. L'histoire elle-même est devenue une instance qui tranche entre ce qui est thaï et ce qui ne l'est pas.
Thongchai distingue deux manières de dire la thainess. L'identification « positive » énonce ce qu'elle est. L'identification « négative » la définit par ce qu'elle n'est pas, en l'opposant à un Autre dont le visage change selon les époques et les besoins du moment. Cette seconde opération est souvent la plus efficace : on sait rarement dire ce qu'est la thainess, mais on désigne volontiers ce qui lui est étranger.
Deux précautions s'imposent d'emblée. D'abord, les travaux universitaires consultés pour cet article adoptent presque tous cette lecture « constructiviste ». La position inverse voit dans la thainess une essence ancienne, transmise depuis le royaume de Sukhothai érigé en berceau de la nation. Elle est surtout portée par les discours officiels et conservateurs, et elle n'est pas présentée ici à travers les arguments d'un auteur identifié. C'est une limite dont le lecteur doit avoir conscience. Ensuite, dire qu'une identité nationale est construite ne revient pas à dire que les pratiques vécues sont fausses. La langue, les rites bouddhiques, les cuisines ou les fêtes sont bien réels. Ce qui est construit, c'est leur assemblage en un modèle unique, présenté comme l'étalon de l'appartenance.
Le XIXᵉ siècle : une nation née de la carte et de la pression coloniale
Moderniser l'État pour rester maître chez soi
Le Siam n'a pas été colonisé directement. Il a pourtant vécu, dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, sous la menace des empiètements occidentaux. Les élites de Bangkok ont répondu par une série de réformes administratives : moderniser et, dans une large mesure, occidentaliser l'État, afin de préserver leur propre autorité. Les historiens lisent la construction nationale siamoise comme une réponse à cette pression coloniale. C'était une manière de parler le langage des empires, celui des frontières, des administrations et des peuples définis, pour mieux leur résister.
L'ouvrage Thailand: A Struggle for the Nation (ISEAS, 2022) insiste sur trois ressorts de ce basculement. Il y a d'abord les questions que posaient les Occidentaux installés à Bangkok sur l'origine des Thaïs. Viennent ensuite l'imprimerie, puis la cartographie. Ensemble, ils ont fait passer le monde thaï d'un cadre de pensée religieux et dynastique, centré sur le roi et le bouddhisme, à un cadre national.
La carte, matrice du territoire
C'est ici qu'intervient le concept le plus célèbre de Thongchai Winichakul, le « géo-corps » (geo-body). Selon lui, la cartographie moderne, introduite au XIXᵉ siècle face aux puissances coloniales, n'a pas seulement décrit un territoire préexistant : elle l'a créé. Une fois tracé et reconnu, ce territoire est devenu l'un des fondements de l'identité, au point de sembler naturel. La notion a été largement reprise depuis pour penser les frontières et la conception changeante des nations modernes, comme l'historien l'expliquait encore dans un entretien en 2019.
Quand satsana devient « religion »
Le même mouvement touche la religion. Une étude publiée par le Centre d'études sud-est asiatiques de l'Université de Kyoto montre qu'avant ces réformes, le mot satsana était synonyme de bouddhisme. L'idée de « religion » comme catégorie neutre, permettant de comparer des croyances entre elles, est récente en Thaïlande. Il n'existait pas non plus d'institution monastique organisée à l'échelle du pays. La centralisation de l'État a aussi été celle du sangha, la communauté des moines. Le bouddhisme national, tel qu'on le connaît aujourd'hui, est en partie le fruit de cette époque.
Vajiravudh et la « Sainte Trinité »
Un roi formé en Angleterre
Si un règne a donné à la thainess sa formule, c'est celui de Vajiravudh, Rama VI (1910-1925). Le futur roi est rentré d'Angleterre en 1902, à vingt et un ans, après neuf années d'études. Il diffuse l'idéologie d'État chat, satsana, phra maha kasat : la nation, la religion, la monarchie. Il l'enseignait lui-même au Corps des tigres sauvages, une organisation paramilitaire qu'il avait fondée. Ces trois mots sont devenus les « trois piliers » de l'État siamois moderne.
Écrire le récit national
Vajiravudh est aussi un homme de plume. On lui attribue environ deux cents textes, signés sous plus d'une centaine de pseudonymes : récits de voyage, pièces de théâtre, poèmes, chansons, articles, sermons. Il est honoré aujourd'hui comme le « Grand Roi lettré ». En 1908, il publie Ruang Thieo Muang Phra Ruang, récit accompagné en annexe de l'inscription attribuée au roi Ramkhamhaeng de Sukhothai. Il contribue ainsi à installer Sukhothai comme âge d'or et point de départ de l'histoire nationale. Ce travail s'inscrit dans la politique dite pluk chat-pluk chai, « éveiller la nation ». Selon une notice encyclopédique qui reste à recouper, le roi s'appuyait sur les récits historiques du prince Damrong Rajanubhab, grande figure de l'historiographie siamoise.
Une trinité plus nuancée qu'il n'y paraît
Il serait toutefois réducteur de faire de Vajiravudh le promoteur d'un bouddhisme exclusif. L'étude de Kyoto rappelle que, selon l'historien Walter Vella, le roi soulignait les ressemblances de fond entre toutes les religions. Sa promotion du bouddhisme reposait sur l'idée que les Thaïs l'avaient choisi parmi des religions de valeur égale. Une forme de « liberté de satsana » existait d'ailleurs déjà : un édit du XIXᵉ siècle, visant les missionnaires installés à Chiang Mai, parlait de Satsana Phra Yesu, la « religion de Jésus ».
Le devenir de la formule est une autre affaire. Pour les auteurs de Thailand: A Struggle for the Nation, cette « Sainte Trinité » a été depuis abondamment exploitée par les régimes militaires de droite. Il s'agit d'une interprétation, mais elle est partagée par une large part de l'historiographie critique. Une tradition largement répandue veut enfin que le drapeau tricolore adopté en 1917 représente cette trinité ; ce point, relayé par des synthèses générales, mériterait d'être confirmé par une source institutionnelle.
De Siam à Thaïlande : la thaïfication de Phibun
Les décrets d'État
La fin de la monarchie absolue en 1932 ne met pas fin au projet national : elle en change les acteurs. Sous le gouvernement du maréchal Plaek Phibunsongkhram, une série de douze ratthaniyom (« décrets d'État », parfois traduits par « mandats culturels ») est promulguée entre 1939 et 1942. Le premier, daté du 24 juin 1939, remplace le nom de Siam par celui de Thaïlande. Il le justifie par la nécessité que le nom du pays reflète la « race thaïe ».
Une synthèse de vulgarisation, qui demande à être recoupée avec les travaux d'historiens thaïlandais, regroupe ces décrets autour de quatre axes :
- le nom du pays, désormais aligné sur l'ethnonyme thaï ;
- l'assimilation : les minorités et les personnes qui ne parlaient pas le thaï devaient prouver leur appartenance à la communauté nationale ;
- l'unité : on cesse de distinguer officiellement les « Thaïs du Nord-Est » ou « du Sud », et des chansons évoquant ces différences sont interdites ou censurées ;
- le progrès, qui passe par l'autosuffisance et l'achat de produits thaïs.
Les affiches de l'époque opposent les tenues jugées incorrectes aux tenues « civilisées » qu'il convient d'adopter. En 1942, une Commission de la culture nationale est chargée de définir, de diffuser et de moraliser la culture thaïe. La thainess n'est plus seulement un récit : elle devient une norme de comportement, encadrée par l'État. Certaines habitudes introduites alors auraient survécu jusqu'à aujourd'hui, mais leur inventaire précis reste à établir.
Le Monument de la Victoire, une thainess de béton
Ce programme a sa traduction matérielle. La guerre franco-thaïe de 1940-1941 visait à récupérer des « territoires historiques » perdus au profit de l'Indochine française. On retrouve là le géo-corps à l'œuvre : une carte perçue comme amputée devient une blessure nationale. Le Monument de la Victoire, à Bangkok, en est issu. Une étude publiée dans une revue thaïlandaise d'architecture et d'urbanisme le lit comme une mise en forme de l'identité thaïe, construite en dialogue avec le discours colonial. Son auteur souligne que le monument est aussi devenu un rappel gênant d'une expansion qu'il qualifie de « fasciste », puisque les territoires ont dû être rendus après la guerre. Le terme relève d'une qualification historiographique et non d'un constat neutre. Il dit cependant bien la difficulté de la mémoire thaïlandaise à l'égard de cette période.
Une thainess royale et morale, réactivée au XXIᵉ siècle
Le règne de Bhumibol et le pouvoir de l'image
Après la guerre, le centre de gravité se déplace. Sous le long règne de Bhumibol Adulyadej, Rama IX (1946-2016), la monarchie occupe une place de plus en plus centrale dans les discours sur l'identité. Une thèse soutenue à l'Université de Sydney montre comment la photographie est devenue un instrument de cette construction. Elle a fixé un discours visuel fondé sur une « vision royale et morale » de l'identité thaïe. L'auteur note toutefois que le photojournalisme a pu produire d'autres récits, moins conformes. La thainess n'a jamais été un monopole parfaitement verrouillé.
Bâtir « ultra-thaï »
Les crises politiques du XXIᵉ siècle ont relancé le mouvement. Un article paru en 2020 dans South East Asia Research étudie l'essor, après le coup d'État de 2006, d'une architecture qu'il qualifie d'« ultra-thaïe ». Elle se signale par une surenchère de formes perçues comme traditionnelles. Prolongeant les travaux de Saichol Sattayanurak et de Thongchai Winichakul, l'auteur soutient que le sens dominant de la thainess, produit par l'État, participe de la « structure de violence » de la société thaïe. Autrement dit, il relève d'un ordre qui hiérarchise et exclut. C'est une thèse forte, à attribuer à son auteur, mais elle montre que la thainess s'inscrit aussi dans le paysage urbain.
Les douze valeurs de 2014
Après la prise du pouvoir par l'armée en mai 2014, la junte, le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), lance une politique de « valeurs fondamentales ». Le 11 juillet 2014, le général Prayut Chan-o-cha en énonce douze :
- défendre la nation, les religions et la monarchie ;
- l'honnêteté, le sacrifice et la patience ;
- la gratitude envers les parents, les tuteurs et les enseignants ;
- la recherche du savoir ;
- l'attachement à la tradition thaïe ;
- la moralité et la générosité ;
- la compréhension de la démocratie avec le roi pour chef de l'État ;
- la discipline et le respect des lois et des aînés ;
- agir conformément aux paroles du roi ;
- l'économie de suffisance ;
- la santé physique et mentale, et la honte du péché selon les principes religieux ;
- faire passer l'intérêt public et national avant l'intérêt personnel.
Dès le second semestre de l'année scolaire 2014, leur récitation devient obligatoire pour les élèves, lors du lever du drapeau ou en classe. La trinité de Vajiravudh ouvre la liste. On y note un détail : le pluriel « les religions ». Le reste mêle morale filiale, discipline et référence explicite à la parole royale.
La mesure n'est pas passée sans critiques. Dans un éditorial du 4 novembre 2014, le Bangkok Post reprochait d'imposer à tous des valeurs choisies par « quelques généraux », sans égard pour les différences idéologiques, culturelles et religieuses. Le journal relevait aussi que ces valeurs entraient dans l'évaluation officielle des écoles et des élèves. The Nation évoquait de son côté une charte sans fondement constitutionnel, inspirée de principes bouddhiques et enseignée jusqu'en maternelle. Des chercheurs ont mesuré l'adhésion à ces valeurs auprès d'un millier d'étudiants de quatre universités de Bangkok, publiques et privées, en 2015. Le seul fait de mener une telle enquête montre qu'une identité énoncée d'en haut doit encore être mesurée dans la société.
La diversité, point aveugle ou cœur du débat ?
Des voix critiques en Thaïlande même
C'est sans doute la question la plus vive. La Thaïlande compte de nombreuses communautés aux langues, aux religions et aux histoires distinctes. On y trouve notamment des populations musulmanes de langue malaise dans l'extrême Sud, qui se désignent comme Melayu. Il y a aussi les habitants de l'Isan, le Nord-Est, dont une grande partie parle des parlers lao, les Thaïs d'ascendance chinoise, et de nombreux groupes regroupés sous l'étiquette administrative de « peuples des montagnes ». Chacun de ces ensembles est lui-même divers. Faute de données démographiques récentes et vérifiées, aucun chiffre n'est avancé ici.
Les critiques les plus nettes viennent de Thaïlande. L'historienne Saichol Sattayanurak, de l'Université de Chiang Mai, a consacré en 2007 un ouvrage à la construction de la pensée dominante sur la thainess et à la « vérité » que cette pensée a elle-même produite. Lors d'un débat rapporté par le média Prachatai, elle imputait à la thainess et à la « thaïfication », dominantes depuis plusieurs décennies, une part de responsabilité dans l'insurrection qui frappe le Sud. Le lien est débattu et doit lui rester attribué. Il rejoint pourtant les travaux qui documentent les conflits autour de la construction de la thainess dans cette région, comme ceux de la chercheuse Marte Nilsen, cités par l'article de South East Asia Research.
Dans le même débat, Thirayuth Boonmi, ancien dirigeant étudiant des années 1970, propose une lecture plus prudente. Il admet que la thainess s'est construite par assimilation et intégration. Mais il refuse les raccourcis et estime qu'il revient aux différents groupes de choisir ce qu'ils souhaitent conserver. Le désaccord ne porte donc pas sur le caractère construit de l'identité nationale, mais sur ses effets et sur la manière d'en sortir.
Une perte de diversité matérielle
Le débat ne se limite pas à la politique. Un article du Journal of the Siam Society consacré à la préservation des peintures murales d'un temple de la province de Khon Kaen, en Isan, s'appuie sur les analyses de Saichol. Il souligne l'appauvrissement de la diversité matérielle des régions. Quand un modèle central de l'art et de l'architecture s'impose comme « le » style thaï, les traditions locales risquent d'apparaître comme provinciales, voire fautives. Le décret de Phibun qui proscrivait les chansons évoquant les différences régionales relevait de la même logique d'uniformisation, sous une forme plus brutale.
Quelles pistes pour lire l'identité thaïlandaise ?
Au terme de ce parcours, plusieurs clés de lecture se dégagent. Aucune ne suffit seule.
- Dater les discours. La thainess de Vajiravudh n'est pas celle de Phibun, ni celle de 2014. Chaque version répond à une situation précise : la pression coloniale, la guerre, la guerre froide, les crises politiques récentes. La question utile n'est pas « qu'est-ce que la thainess ? », mais « qui la définit, quand et pour quoi faire ? ».
- Regarder les objets. La carte, le drapeau, le Monument de la Victoire, les photographies royales ou les bâtiments « ultra-thaïs » sont autant de supports où l'identité nationale se rend visible. Le visiteur attentif peut les lire comme des documents.
- Distinguer la norme et la pratique. Le modèle officiel ne dit pas comment les Thaïlandais vivent leur appartenance. Celle-ci passe aussi par une langue régionale, une mosquée, une fête de village ou une cuisine familiale.
- Écouter les régions et les minorités. Le Sud, l'Isan, le Nord et les montagnes ne sont pas des périphéries de l'identité thaïe, mais des lieux où elle se négocie.
- Ne pas inverser le cliché. Dénoncer une essence fabriquée ne doit pas conduire à nier l'attachement sincère que beaucoup portent à la langue, au bouddhisme ou à la monarchie. Cet attachement est un fait social, que l'historien doit comprendre plutôt que juger.
Comprendre la khwam pen thai, c'est donc accepter de tenir ensemble deux réalités. D'un côté, un discours d'État, puissant et sans cesse réécrit depuis plus d'un siècle. De l'autre, une société plurielle qui l'adopte, le détourne ou le conteste. La question reste ouverte : ce qui était un débat d'historiens dans les années 1990 est devenu une controverse publique, et la place accordée à la diversité en sera sans doute l'enjeu principal.
Sources et bibliographie
- Thongchai Winichakul, Siam Mapped: A History of the Geo-Body of a Nation, University of Hawai'i Press, 1994.
- non relevé, The Victory Monument: the Politics of Representations of Thai Identity and Colonial Discourse in Built Forms, Journal of Architectural/Planning Research and Studies (JARS), ThaiJo, non relevé.
- non relevé, Article, Southeast Asian Studies Vol. 1 No. 3 (pp. 461-485) – religion (satsana) et État en Thaïlande, Center for Southeast Asian Studies, Kyoto University, 2012.
- à vérifier (probablement Charnvit Kasetsiri), Thailand: A Struggle for the Nation (ISBN 9789815011258), ISEAS-Yusof Ishak Institute, 2022.
- Pacific Atrocities Education, Phibun's Domestic and International Policies, Pacific Atrocities Education, non relevé.
- Prachatai, Concept of 'Thainess' Denies Diversity in Thai Society, Prachatai English, non relevé.
- non relevé (thèse), Thainess Framed: Photography and Thai Identity, 1946-2010, University of Sydney, non relevé.
- Zikri Rahman, The Map, the Geo-body, and the Forging of 'Thainess': Interview with Professor Thongchai Winichakul, No Man's Land (heath.tw), 2019.
- non relevé, Ultra-Thai Architecture after the 2006 coup d'état, South East Asia Research, vol. 28 n°2 (Taylor & Francis), 2020.
- non relevé, A Comparison of the Twelve Core Values of Thai People found in Thai University Students, ERIC (ED564141), 2015-2016.
- Contributeurs Wikipédia, Thainess / Thai cultural mandates / Thai nationalism / Thongchai Winichakul (orientation seulement), Wikipedia, consulté 2025.
- Bangkok Pundit, Thai students required to recite Prayuth's 12 core values daily, Asian Correspondent, 2014.
- Bangkok Post (opinion), Students need more than 12 core values, Bangkok Post, 2014.
- non relevé, Myanmar education offers Thailand a lesson in pluralism, The Nation (Thailand), non relevé.
- Brereton, Preserving Temple Murals in Isan: Wat Chaisi, Sawatthi Village, Khon Kaen, Journal of the Siam Society, vol. 103, 2015.



